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MMSH-PH-4366 Un cadre au Crédit Lyonnais et son épouse, ayant l’expérience de la vie à l'étranger depuis leur enfance, s'expriment sur les rapports entre l’occident et l’industrialisation du Liban en 1975

Date : 1975-01
Description physique : 1 bde. Durée : 1 h 25 min.
Description : L'entretien est mené avec un couple, à leur domicile. Les deux époux sont français et ont passé leur jeunesse en Outre-mer ou dans des colonies françaises en Afrique. Ils se sont mariés en 1965 et ont 3 enfants. L’homme travaille dans la banque depuis 8 ans et au Crédit Lyonnais depuis 5 ans tandis que l'informatrice est mère au foyer. Ils sont arrivés à Beyrouth en novembre 1973. Le couple vit depuis 10 ans à l’étranger, au Tchad et au Cameroun. Le Liban a été choisi au hasard de l’opportunité professionnelle du père de famille. La famille loue un appartement à Ramlet al-Bayda, un quartier côtier huppé et peuplé d'étrangers. La banque employeuse prend en charge la scolarisation des enfants ainsi qu'une partie du loyer. Les époux gardent des attaches uniquement familiales en France, où ils passent les grandes vacances scolaires. Leurs sorties se font surtout en famille et alternent entre dîners, sorties au cinéma, visites amicales. L’homme a le statut de cadre détaché par le Crédit Lyonnais, employé pour une période de 4 à 5 ans par la banque Trad au Liban (appartenant à 55 % à la famille Trad et à 45 % au Crédit Lyonnais). Il est chargé de l'administration de la clientèle, soit libanaise, soit des filiales de sociétés étrangères. L’informateur estime les cadres français parfaitement remplaçables par des Libanais. Interrogés à plusieurs reprises sur le rôle de la France au Liban, les époux remarquent que même si la France demeure bien vue dans tous les milieux, la bourgeoisie reste très francophone et très francophile. Ils formulent des critiques à l’égard du mandat français au Liban, considérant les écoles françaises (les écoles chrétiennes en ayant suivi le modèle) comme une forme d’impérialisme colonial qui s’oppose à la culture arabe. Or, dans un contexte de tensions avec Israël qui renforce l’arabité au Liban, la femme estime que l'attachement à une culture française surannée fait courir le risque que la culture arabe se fasse contre la culture française. Le couple estime que les transactions commerciales se font désormais au profit des anglo-saxons, dont la langue s'impose progressivement à la nouvelle génération bourgeoise. Quant à leurs fréquentations sociales, leurs amis sont surtout des Français, rencontrées via les relations professionnelles de l’homme. Ils ont également de bons amis libanais, soit des bourgeois, soit des Libanais imprégnés de la culture française (qui ne savent ni lire, ni écrire, ni penser, voire ni parler en arabe, en raison de leur éducation et de leurs ascendances maternelles étrangères). A la fin de l’entretien, l’homme envisage que la culture occidentale, soutenue par les chrétiens libanais ayant la mainmise sur l’industrie, puisse être mise en difficulté par l’entrée des musulmans dans le monde industriel.
Ancienne cote : F3465
Caractéristiques matérielles et contraintes techniques : Qualité sonore de l'enregistrement : moyenne
Auteur : Métral, Françoise
Michel San Marco
San Marco (Mme)
Sujet : Crédit Lyonnais (France)
Tchad
Cameroun
Israël
Cadres (personnel)
Banques -- Personnel
Exil
Culture dominante
Multilinguisme

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